Surface et profondeur : ce que la cosmétique peut atteindre, et ce qu’elle ne peut pas
Une crème travaille dans le dixième de millimètre supérieur. Presque tout ce qui donne à un visage son air fatigué se joue quelques millimètres plus bas. Savoir où passe la ligne, c’est déjà économiser beaucoup — et gagner en lucidité. « Tu as une mine de déterré. » La phrase est tombée par-dessus un comptoir de pharmacie, un mardi, vers 18 h 40. J’avais dormi huit heures. Je me sentais très bien. C’est cela qui déroute : l’écart entre ce qu’on éprouve et ce qu’on montre. En France, cet écart a un nom, presque un genre littéraire. On se dit bonjour à trente centimètres — la bise oblige — et le visage de l’autre devient une information publique. « Tu as mauvaise mine » n’est pas une insulte, c’est un relevé. Un peu brutal, souvent juste. Cet écart a pourtant une mécanique, et elle est d’une simplicité presque décevante. Une fois qu’on la connaît, les achats cessent d’être une question de foi et deviennent une question de géographie. La ligne Maginot des 500 daltons Avant d’aller où que ...